Ma rentrée littéraire 1ère selection
J'ai donc eu envie de faire une sélection d'ouvrages que j'aimerais lire dans les mois à venir et j'ai souhaité vous faire part cette petite sélection, en espérant que cela vous donne envie de les découvrir aussi. Si vous les avez déjà lu, n'hésitez à laisser vos commentaires mais ne dévoilez pas tout du livre quand même :-)
Les Portes de louviers Pauline a des enfants, et depuis ce matin elle est seule avec eux. Son compagnon est parti, en déclarant qu'il est libre, comme tout le monde, qu'il a le droit d'être heureux, comme tout le monde, et que Pauline d'ailleurs ne vaut pas la peine qu'il reste. Pourtant jamais Pauline ne s'est sentie aussi libre. 'Je me souviens très bien du premier matin, et de la joie qui m'envahit dès quej'ouvris les yeux. Une joie folle, à me donner envie de chanter, de remercier n'importe qui, et jusqu'au chat, à me faire danser d'exaltation sur la carpette. Il était parti ! Mon dieu, mon dieu, il était parti, le fou, l'ennemi, et sa haine avec lui... Je ne vivrai plus la peur au ventre, avec cette question toujours : 'que va-t-il dire ou faire de pire, maintenant ?' Tout ce qui s'était recroquevillé en moi, et desséché sous le vent mauvais, allait pouvoir reprendre vie.' Mais comment faire face avec toutes ces bouches à nourrir ? Comment se retrouver soi-même quand il faut donner le change devant des enfants déboussolés ? Comment reconquérir le bonheur quand un homme vous a dit que vous n'en valiez pas la peine? Malgré son courage, son humour et sa totale indifférence au qu'en-dira-t-on, Pauline se retrouve ce jour-là dans de bien vilains draps. S'en sortira-t-elle, et à quel prix ?
L'AMI DE JEUNESSE
- Auteur(s) : Antoine Senanque
Antoine Saint Bernard est psychiatre. Il a quarante-huit ans et, comme on dit, une situation enviable. Une épouse obsessionnelle qui ne laisse rien au hasard. Des jumeaux de dix ans qu’il confond encore. Une belle-mère antipathique et omniprésente. Un frère aîné qui vit à ses crochets, c’est-à-dire chez lui, et l’abreuve de conseils. Une secrétaire hypocondriaque choisie par son épouse. Des patients angoissés ou mélancoliques mais fidèles, quand sa femme ne l’est plus. Et surtout, Félix, l’ami de jeunesse, restaurateur, coureur, menteur, et dont l’insouciance heureuse le désespère.
Car Antoine, lui, a des tendances dépressives – de nature plus que par les circonstances de l’âge. Dominé, par les autres, et par ses propres doutes. Indécis, tant le courage lui fait défaut face aux conséquences de ses choix : comme la vie est risquée, Antoine ne vit pas.
Pourtant, parvenu au mitan de l’existence, Antoine décide soudain d’en changer. Incapable de franchir seul le pas, en solitaire qu’il est, il convainc Félix de le suivre : le psychiatre et le restaurateur iront donc apprendre l’histoire à la Sorbonne. Et tandis que le neurasthénique est englouti par l’univers kafkaïen de l’université et l’absence de son propre désir, l’ami de jeunesse fait des prodiges en matière d’examens et de conquêtes féminines. Il faudra qu’Antoine rencontre Charlotte pour que le doute s’efface… et laisse place au dilemme.
L’ami de jeunesse est le roman drôle et tendre d’une crise existentielle et d’une résurrection sentimentale, l’histoire d’un homme réanimé par l’urgence de vivre.
Bénédicte des Mazery
La vie tranchée
Août 1917. Louis, jeune soldat en convalescence à l'hôpital, reçoit une lettre de l'Infanterie le nommant lecteur dans une commission de contrôle postal aux Armées. Lui qui a subi durant trois ans l'enfer des tranchées se retrouve dans un bureau, comme les embusqués si critiqués.
Désormais, il va ouvrir jusqu'à quatre cents lettres par jour. Traquer les indiscrétions et le découragement, caviarder les passages indésirables, saisir les courriers pacifistes, désigner les soldats aux propos jugés non conformes au moral des troupes et de l'arrière.
Les mois se succèdent, marqués par l'arrivée d'une séduisante jeune femme et la visite de Fernand son compagnon de tranchées. Jusqu'au jour où, poussé par un événement inattendu, Louis regarde autrement les mots qui défilent quotidiennement sous ses yeux.

Une éducation libertine- Jean Baptiste Del Amo
Paris, 1760. Gaspard, jeune Breton qui a fui la porcherie parentale, se trouve brutalement plongé dans l’univers grouillant et pestilentiel de la capitale, par un été caniculaire. Gaspard se retrouve d’abord pris en main par Lucas, un ouvrier qui travaille au déchargement de billes de bois sur les quais de Seine. Il vivra avec lui sa première relation sexuelle, puis dérivera peu à peu vers la prostitution, éduqué par un libertin pervers, Etienne. Gaspard n’est cependant pas une victime : il veut arriver, et se montre prêt à tout pour quitter à jamais le souvenir de Quimper et de sa mère « qui sentait la truie ». Il pénètre ainsi dans une société huppée et décadente, séduit des aristocrates, connaît la richesse avec l’héritage d’un de ses amants, le baron Raynaud. Il finit par épouser la fille du comte d’Annovres, autre amant. Mais en lui persiste l’odeur méphitique de la porcherie de Quimper… Roman d’apprentissage mené avec une maîtrise et un sens du récit impressionnants – le cloaque urbain est décrit avec une précision hallucinée –, Une éducation libertine retrace l’ascension et la chute d’un homme asservi par la chair.

L'INAPERCU
Par Sylvie Germain
Les Bérynx : une famille ordinaire, avec son patriarche autoritaire, ses mères affairées, ses enfants fragiles, ses secrets non partagés et son lot de drames.
Et il y a Pierre, qui vient de se greffer sur cette famille comme une sorte d'ange gardien dont on ignore presque tout, homme à tout faire, mais aussi à tout défaire. Jusqu'au jour où il disparaît sans laisser d'autres traces que les brèches qu'il a ouvertes en chacun. Roman des origines autant que de la construction de soi, L'inaperçu, comme Magnus, fait coexister le plus sombre de l'Histoire et des tragédies individuelles avec l'imprévisible, la puissance de l'imaginaire, les rêves les plus fous, tout ce qui échappe à l'emprise du temps et permet d'inventer son destin.
Dans une tribu de riches Américains à la splendeur déchue, un western familial où les fantômes resurgissent et s’affrontent. Un premier roman d’une rare maîtrise, chargé d’images et d’intensité dramatique. Devant l’évier, Vera se met à faire la folle, au milieu de la nuit. Elle dirige un requiem dans une cuisine couleur cactus. Dans son théâtre de carrelage, elle s’est offert le rôle principal. Ce soir, elle sera chef d’orchestre. Mais attention, pas n’importe lequel. Elle veut être le plus grand, celui que toutes les productions du monde se disputent. Une main, gantée de caoutchouc rose, fend l’air chargé de fumée. Une grande louche bat la mesure, une assiette se fracasse sur le sol, un économe glisse. Elle a posé toutes ses bagues sur le rebord de l’évier. En ligne droite, les unes à côté des autres, bons petits soldats. Dès lors qu’il s’agit d’imbécillités, ma mère a du coeur à l’ouvrage. Vera accomplit ses idioties avec toute son âme. Elle nous tient tous, jusqu’au bout, avec ses cris de gosse enragée. Dis, tu m’aimes jusqu’à quel point ? Tu acceptes de me voir avoir mal jusqu’à quand ? Resteras-tu, toujours, à me regarder souffrir et rire ? Pour toujours ? Rire et souffrir ? Être dans ses parages, c’est moisir, à jamais, au chevet d’une grande malade. J’ai une peur bleue que les bagues ne tombent. Il ne le faut pas. L’univers tout entier s’effondrerait aussitôt avec elles, je le sais. Lisa Duval pensait avoir enterré pour toujours sa famille américaine. Une famille de la haute bourgeoisie, décadente, anachronique et arrogante. Exilée depuis plusieurs années en France, elle était sûre d’avoir semé pour de bon l’image de Vera, cette mère sublime et terrifiante, capable de mettre le feu à sa maison pour un désir contrarié. À Paris, elle est devenue serveuse dans un grand hôtel et s’est mariée avec Antoine, un garçon sans histoire. Et elle croyait sincèrement que la part la plus noire de son arbre généalogique n’était plus qu’une ombre lointaine. Jusqu’au jour où la redoutable Vera débarque à l’hôtel, valsant sur ses talons hauts, s’installe à une table et hèle la serveuse d’une main méprisante. Elle réalise avec un temps de retard, et un brin de dégoût dans le regard, que cette fille est la sienne. Pour Lisa la rencontre est un détonateur. Elle doit repartir à Black Lion, le manoir natal au bord de l’océan, et régler la question de ses origines. Quels secrets putrides a-t-elle essayé de fuir ? Sur cette côte balayée par la tempête, où moisissent dans leurs souvenirs les milliardaires déchus, la fille prodigue retrouve les pièces du puzzle familial : son demi-frère Assan, alcoolique repenti incapable de vivre seul, sa sage demi-soeur June et Samuel, son mari, avec qui Lisa vécut une aventure illégitime et destructrice à l’adolescence. Et, surtout, Vera, sa mère, écrasante, folle et indispensable. Dans ce petit monde intoxiqué par le passé, l’alcool, l’oisiveté et les dollars, l’irruption de Lisa provoque un réveil brutal de la mémoire. Un premier roman chargé comme une ligne à haute tension, jusqu’à la dernière phrase. Violence et poésie d’un western familial, épopée noire où les fantômes s’exorcisent jusqu’au corps à corps.

Le Cas Sonderbergd'Elie Wiesel
Jeune journaliste, Yedidyah évolue dans la rédaction d'un quotidien new-yorkais, avec ses intrigues. Critique théâtral, époux d'une actrice, il participe de la comédie new-yorkaise. Les succès éphémères, les gloires oubliées : rien n'est plus joyeux qu'une nouvelle étoile, rien n'est plus mélancolique que son crépuscule. Mais voilà qu'on demande un jour à Yedidyah de 'couvrir' le procès d'un certain Werner Sonderberg. L'accusé, jeune Allemand résidant aux Etats-Unis, est parti de promener avec son vieil oncle, visiteur de passage, dans les montagnes des Adirondacks. Le neveu en est revenu seul. Coupable ou non coupable ? Cette affaire déclenche en Yedidyah d'étranges et puissants échos. Sentant qu'il se heurte à un secret familial, il tente de sonder sa propre mémoire. Qui est-il vraiment ? Comment retrouver les visages disparus d'un père, d'une mère, d'un frère ? Le voilà guetté par la folie. Il a recours à l'hypnose pour retrouver les images de sa petite enfance, faire la paix avec lui-même et avec 'une histoire qui, jusqu'à la fin des temps, fera honte à l'humanité'.
A Mélie, sans mélo de Barbara Constantine
Mélie, soixante-douze ans, vit seule à la campagne. Sa petite-fille, Clara, vient pour la première fois passer toutes les vacances
d'été chez elle. La veille de son arrivée, Mélie apprend qu'elle a un problème de santé... Elle verra ça plus tard. La priorité,
c'est sa Clariette chérie ! Mélie, le mélo, c'est pas son truc. Elle va passer l'été (le dernier ?) à fabriquer des souvenirs à
Clara. Des rigolos. Comme regarder pousser les bambous en écoutant 'La Traviata', chanter sous la pluie des chansons
de Nougaro, goûter les mauvaises herbes qui poussent le long des chemins. Il y a aussi... le vieux Marcel, qui va apprendre
à Clara à faire de la mécanique, Fanette, sa mère, qui va lui trouver un beau-père, Bello, son parrain, qui va agrandir sa bande
de filleuls musiciens. Et puis, comme la vie est vraiment dingue des fois, il y a Mélie qui va enfin rencontrer le grand amour...
Cent cinquante ans à eux deux ? Mais quand on aime, on ne compte pas !
Jean Deleau, à vingt ans, est un jeune homme sans histoire. Mais qui peut être assuré, en France en juin 1940,
de ne pas être rattrapé par l’Histoire ? Quatre ans plus tard, devenu le chef redouté de la Gestapo française de
Neuville, Deleau n’échappera à la justice de la Libération qu’en suivant ses employeurs allemands au-delà
du Rhin. Ce roman est inspiré de la vie réelle d’un collaborateur.
BEIJING COMA de MA JIAN
Mai 1989. Des milliers d'étudiants occupent la place Tienanmen. De toute la Chine, des gens se joignent à la protestation et les étudiants prennent soudainement conscience de l'influence qu'ils peuvent exercer. Parmi eux, se trouve Dai Wei. Le 4 juin, alors qu'il discute avec ses amis de la démocratie, un soldat lui tire une balle dans la tête, le plongeant dans un coma profond...
- Jean Baptiste Del Amo