Dimanche 18 janvier 2009
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Publié dans : Excercices d'écriture
C'est un exercice inédit qui est proposé ici. Il s'agit en effet d'utiliser le plus possible des 35 titres de livres suivants,
dans l'ordre que vous voulez, avec un minimum de 20 (et idéalement les 35), pour composer un texte.
Pas besoin de faire étalage de sa culture littéraire, le but n'est pas (obligatoirement) de parler des ouvrages mentionnés, mais plutôt de placer ces titres tels quels comme des expressions au
coeur de vos phrases. C'est en quelque sorte le défi des mots imposés, mais en plus compliqué et varié.
Les titres des livres sont :
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Camisole
Cendrillon
Chambre du diable
Colère blanche
Collègue tatouée
Conjuration du 3ème ciel
Cri de l'ombre
Cui prodest (à qui le crime profite)
Eau du diamant
Eightball boogie
Franc jeu
Gardien du feu
L'ange oublié : la cour royale
Lacrima christi
Chant de l'océan
Le guérisseur et la mort
Le temps n'est rien
Le 3ème secret
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Ma sœur, ce boulet
Macao blues
Manuscrit de Pythias
Mort de trouille
Ombres mortes
Paternel à mort
Petit assassin
Promesse du samouraï
Rébus et le loup-garou de Londres
Genèse : rupture dans le réel
Sacrilège à Rome
Sang et lumière
Le secret de Moën
Le temps des poisons
La terre écorchée
Toile sanglante
Ursua
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En principe les 35 titres y sont
Ce matin Marine est dans une colère blanche sa petite sœur, Ursua est venue mettre le bazar dans la partie de l’appartement qu’elles occupent toutes les deux
depuis 2 ans. Lorsqu’elles ont emménagé ensemble, Marine avait pourtant joué franc-jeu avec sa sœur, ok pour qu’elles vivent ensemble, cela aurait au
moins l’avantage de rassurer leurs parents, mort de trouille à l’idée de laisser leur petite dernière quitter le nid ; cependant avait elle
précisé, chacune devait respecter l’espace vital de l’autre et les parties communes devaient être impeccables en toutes circonstances. Déjà elle se doutait que sa maniaquerie et le
tempérament lunaire de sa sœur entraineraient des coups de gueule entre elles.
Le temps n’est rien contre ma
sœur ce boulet se dit elle, mi figue mi raisin. Elle adore sa sœur mais celle-ci a le don de la mettre hors d’elle. Déjà lorsqu’elles étaient petites filles elles alternaient les périodes
fusionnelles d’amour et de jeux et les périodes ou seule une bonne paire de gifles chacune parvenait à les calmer.
Tout à coup sa colère devant le souk laissé dans l’appartement par son
monstre de frangine retomba bien que le spectacle de la chambre du diable, comme elle nomme l’espace de sa sœur, lui fasse monter des envies de
meurtre. Les souvenirs affluèrent instantanément lorsqu’elle vit sur la commode le flacon d’eau de diamant, un vieux reste qu’elle avait donné
à Ursua alors qu’elle n’avait que 6 ans. La petite devait jouer le rôle de Cendrillon dans un spectacle à l’école et avait très peur, elle lui
avait donc offert son propre parfum pour lui porter chance, depuis elle n’avait jamais voulu s’en séparer. Ursua est la reine des excès, et possède
une imagination débordante depuis qu’elle est en âge de raisonner. Elle avait à peine 3 ans quand elle a décidé que la statue « l’ange oublié :
la cour royale », œuvre d’un ami de leurs parents serait le gardien du feu parce qu’il était près de la cheminée. Le jour où leur père
avait décidé de déplacer la statue, la petite avait pleuré pendant plus d’une heure. Il avait fallu que Marine lui lise des histoires pendant tout ce temps.
En parlant de livres, elle se souvient de celui de Peter Trémayne « Le
secret de Moën ». L’histoire de ce jeune homme, sourd aveugle et muet à passionné Ursua. Pourtant il lui a aussi fait faire des cauchemars. Des mois
entiers elle avait rêvé d’ombres mortes et d’une toile sanglante il
n’y avait que le chant de l’océan enregistré sur cassette qui parvenait à l’apaiser, pourtant chaque soir elle voulait la suite de l’histoire
du petit assassin comme elle disait. Marine se remémore aussi leurs jeux d’enfants : le Eightball
boogie, derrière ce nom barbare qu’elles avaient inventé avec leur grand frère Danny se cachaient en fait une danse effrénée sur la musique de Macao
blues, le groupe de Funky qui a fait fureur au début des années 80. Un jour qu’elles faisaient une bataille d’oreillers, elles avaient entendu cette chanson et c’était devenu une sorte
d’hymne, déclencheur de leurs délires enfantins. A l’adolescence, notre frère, à la différence de son pote Fonzi et sa collègue tatouée, Danny donc
lui l’avait joué paternel à mort avec elles deux. Il nous a très tôt responsabilisée afin que la parole donnée soit respectée, alors bien sûr sous
forme de jeu avec ce qu’il avait appelé la promesse du samouraï dans un premier temps avec une règle établie s’il découvrait qu’il avait été trahi il
chercherait d’abord cui prodest comme il disait, en réalité, à laquelle de nous deux il devait remonter les bretelles. Il avait donc pris l’habitude
de nous conter quelques uns des petits secrets qui ponctuaient sa vie…il avait d’abord testé notre loyauté avec ses menues bêtises mais je me souviens que le 3ème secret qu’il nous avait confié concernait l’existence d’une petite amie qu’il avait
séduit notamment par ses lectures surprenantes pour un garçon de 15 ans. En effet notre frère est passionné d’épopées historiques mettant en scène de
grands hommes ou de grandes quêtes réelles ou imaginaires passées ou futures. Ainsi dès ses 11 ou 12 ans il s’est attelé au « Manuscrit de
Pythias » tout d’abord, puis il a continué avec « Sacrilège à Rome », « Le Lacrima Christi » et « Genèse : rupture dans le
réel » évidemment ça le distinguait de ses camarades de classe qui n'en étaient encore pour la plupart qu’à Tintin voire à
XIII pour les plus curieux….alors Jeanne forcément était tombée sous le charme de mon beau gosse intello de frère. Et ni Ursua, ni moi n’avions vendu la mèche auprès de nos parents. Nous étions
fières qu’il nous traite comme des grandes.
Mon évaporée de sœur est une artiste dans l’âme, seulement elle n’a pas encore totalement trouvée sa vocation. Un temps elle était
dans ce qu’on appelle parfois la magie noire et les sciences occultes. A cette époque elle me tenait des propos étranges, dont je ne maitrisais pas tout, par exemple un jour elle m’a dit cette
phrase que je n’ai pas oublié tellement elle me parait, encore maintenant, complètement déjantée : Le temps des poisons étant omniprésent, la
terre écorchée de sang et lumière ne sera délivrée que lorsque le cri de l’ombre aura été banni par le guérisseur et la mort, c’est
la conjuration du 3è ciel avait elle tentée de m’expliquer. Ce jour là j’ai pensé que ma sœur était bonne pour la camisole mais finalement elle était certes dans son trip étrange mais pas plus que moi en définitive avec ma fascination pour les tueurs en série et mes
lectures qui, même lorsque ce sont des romans en mettent souvent un en scène comme dans le roman que je lis en ce moment « Rébus et le loup-garou de Londres ».
Bon il serait peut être temps que je revienne à la dure réalité de la vie, même si ce retour sur notre jeunesse heureuse m’a permis de
calmer mon irritation de toute à l’heure. Je suis calmée d’accord mais ça n’est toujours pas rangé…je n’ai plus qu’à m'y mettre.
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