Les poèmes que j'aime : souvenirs d'enfance


Jeudi 21 août 4 21 /08 /Août 22:34
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Victor HUGO (1802-1885)
(Recueil : Les feuilles d'automne)



Lorsque l'enfant paraît, le cercle de famille
Applaudit à grands cris. Son doux regard qui brille
Fait briller tous les yeux,
Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être,
Se dérident soudain à voir l'enfant paraître,
Innocent et joyeux.

Soit que juin ait verdi mon seuil, ou que novembre
Fasse autour d'un grand feu vacillant dans la chambre
Les chaises se toucher,
Quand l'enfant vient, la joie arrive et nous éclaire.
On rit, on se récrie, on l'appelle, et sa mère
Tremble à le voir marcher.

Quelquefois nous parlons, en remuant la flamme,
De patrie et de Dieu, des poètes, de l'âme
Qui s'élève en priant.
L'enfant paraît, adieu le ciel et la patrie
Et les poètes saints ! la grave causerie
S'arrête en souriant.

La nuit, quand l'homme dort, quand l'esprit rêve, à l'heure
Où l'on entend gémir, comme une voix qui pleure,
L'onde entre les roseaux,
Si l'aube tout à coup là-bas luit comme un phare,
Sa clarté dans les champs éveille une fanfare
De cloches et d'oiseaux.

Enfant, vous êtes l'aube et mon âme est la plaine
Qui des plus douces fleurs embaume son haleine
Quand vous la respirez ;
Mon âme est la forêt dont les sombres ramures
S'emplissent pour vous seul de suaves murmures
Et de rayons dorés.

Car vos beaux yeux sont pleins de douceurs infinies,
Car vos petites mains, joyeuses et bénies,
N'ont point mal fait encor.
Jamais vos jeunes pas n'ont touché notre fange,
Tête sacrée, enfant aux cheveux blonds, bel ange
À l'auréole d'or.

Vous êtes parmi nous la colombe de l'arche.
Vos pieds tendres et purs n'ont point l'âge où l'on marche.
Vos ailes sont d'azur.
Sans le comprendre encor vous regardez le monde.
Double virginité, corps où rien n'est immonde,
Âme où rien n'est impur .

Il est si beau, l'enfant, avec son doux sourire,
Sa douce bonne foi, sa voix qui veut tout dire,
Ses pleurs vite apaisés,
Laissant errer sa vue étonnée et ravie,
Offrant de toutes parts sa jeune âme à la vie
Et sa bouche aux baisers.

Seigneur, préservez-moi, préservez ceux que j'aime,
Frères, parents, amis, et mes ennemis même
Dans le mal triomphant,
De jamais voir, Seigneur, l'été sans fleurs vermeilles,
La cage sans oiseaux, la ruche sans abeille,
La maison sans enfant.

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Jeudi 21 août 4 21 /08 /Août 22:19
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Joachim DU BELLAY (1522-1560)
(Recueil : Les Regrets)




Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?

Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine :

Plus mon Loir gaulois, que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l'air marin la doulceur angevine.

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Jeudi 21 août 4 21 /08 /Août 22:08
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Charles-Marie LECONTE DE LISLE
 (1818-1894)

(Recueil : Poèmes barbares)


Couronnés de thym et de marjolaine,
Les Elfes joyeux dansent sur la plaine.

Du sentier des bois aux daims familiers,
Sur un noir cheval, sort un chevalier.
Son éperon d'or brille en la nuit brune ;
Et, quand il traverse un ravon de lune,
On voit resplendir, d'un reflet changeant,
Sur sa chevelure un casque d'argent.

Couronnés de thym et de marjolaine,
Les Elfes joyeux dansent sur la plaine.




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Jeudi 21 août 4 21 /08 /Août 22:05
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Paul VERLAINE (1844-1896)
(Recueil : Romances sans paroles)



Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville.
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur.

Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits.
Pour un coeur qui s'ennuie,
Ô le chant de la pluie.

Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s'écoeure.
Quoi,nulle trahison..
Ce deuil est sans raison.

C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi,
Sans amour et sans haine,
Mon coeur a tant de peine
.

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Jeudi 21 août 4 21 /08 /Août 22:00
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Paul VERLAINE

Le ciel est, par-dessus le toit,
Si bleu, si calme.
Un arbre, par-dessus le toit,
Berce sa palme.

La cloche dans le ciel qu'on voit
Doucement tinte.
Un oiseau sur l'arbre qu'on voit
Chante sa plainte.

Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là,
Simple et tranquille.
Cette paisible rumeur-là
Vient de la ville.

Qu'as-tu fait, ô toi que voilà
Pleurant sans cesse,
Dis, qu'as-tu fait, toi que voilà,
De ta jeunesse.

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Jeudi 21 août 4 21 /08 /Août 21:45
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Paul VERLAINE (1844-1896)
(Recueil : Poèmes saturniens

Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon coeur
D'une langueur
Monotone.

Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure

Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.

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Jeudi 21 août 4 21 /08 /Août 21:41
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Maurice ROLLINAT


"La biche brame au clair de lune
Et pleure à se fondre les yeux :
Son petit faon délicieux
A disparu dans la nuit brune.

Pour raconter son infortune
À la forêt de ses aïeux,
La biche brame au clair de lune
Et pleure à se fondre les yeux.

Mais aucune réponse, aucune,
À ses longs appels anxieux !
Et le cou tendu vers les cieux,
Folle d'amour et de rancune,
La biche brame au clair de lune".

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Jeudi 21 août 4 21 /08 /Août 21:36
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Charles VILDRAC


Il y avait une pomme
A la cime d'un pommier ;
Un grand coup de vent d'automne
La fit tomber dans un pré.
Pomme, pomme, t'es-tu fait mal.
 J'ai le menton en marmelade,
Le nez fendu et l'oeil poché.
Elle roula : quel dommage,
Sur un petit escargot
Qui s'en allait au village,
Sa demeure sur le dos.
Ah! stupide créature
Gémit l'animal cornu
tu as défoncé ma toiture
 et me voici triste et nu

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Jeudi 21 août 4 21 /08 /Août 21:29
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Arthur RIMBAUD

C'est un large buffet sculpté : le chêne sombre,
Très vieux, a pris cet air si bon des vieilles gens,
Ce buffet est ouvert et verse dans son ombre,
Comme un flot de vin vieux, des parfums engageants.
 
Tout plein : c'est un fouillis de vieilles vieilleries,
De linges odorants et jaunes, de chiffons
De femmes et d'enfants, de dentelles flétries,
De fichus de grand-mère où sont peints des griffons.
 
C'est là qu'on trouverait les médaillons, les mèches
De cheveux blancs ou blonds, les portraits, les fleurs sèches
Dont le parfum se mêle à des parfums de fruits.
 
Ô buffet du vieux temps, tu sais bien des histoires,
Et tu voudrais conter tes contes, et tu bruis
Quand s'ouvrent lentement tes grandes portes noires.

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Jeudi 21 août 4 21 /08 /Août 21:26
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Robert DESNOS

Sur les bords du Mississipi,

Un alligator se tapit.

Il vit passer un négrillon

Et lui dit :  Bonjour, mon garçon. 

Mais le nègre lui dit :  Bonsoir,

La nuit tombe, il va faire noir,

Je suis petit et j’aurais tort

De parler à l’alligator, 

Sur les bords du Mississipi

L’alligator a du dépit,

Car il voulait au réveillon

Manger le tendre négrillon.

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Jeudi 21 août 4 21 /08 /Août 21:23
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Raymond QUENEAU

Prenez un mot  prenez en deux
Faites-les cuir' comme des oeufs
Prenez un petit bout de sens
Puis un grand morceau d'innocence
Faites chauffer à petit feu
Au petit feu de la technique
Versez la sauce énigmatique
Saupoudrez de quelques étoiles
Poivrez et puis mettez les voiles

Où voulez-vous donc en venir
A écrire
Vraimentt,  à écrire.

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Jeudi 21 août 4 21 /08 /Août 21:14
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Lucie DELARUE-MARDRUS

C’est la petite souris grise,
Dans sa cachette elle est assise.
Quand elle n’est pas dans son trou,
C’est qu’elle galope partout.

C’est la petite souris blanche
Qui ronge le pain sur la planche.
Aussitôt qu’elle entend du bruit,
Dans sa maison elle s’enfuit.

C’est la petite souris brune
Qui se promène au clair de lune,
Si le chat miaule en dormant,
Elle se sauve prestement.

C’est la petite souris rouge,
Elle a peur aussitôt qu’on bouge !
Mais, lorsque personne n’est là,
Elle mange tout ce qu’on a.

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Jeudi 21 août 4 21 /08 /Août 21:10
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Tristan KLINGSOR
1874-1966


Trois noisettes dans le bois
Tout au bout d'une brindille
Dansaient la capucine vivement au vent
En virant ainsi que des filles
De roi,
De roi des nains, s'entend.

Car à peine étaient-elles hautes
Comme botte
De grenouille et grosses
Comme petit doigt ou comme cosses
De pois.

Un escargot vint à passer :
"Mon [bon]1 monsieur, emmenez-moi
Dans votre carrosse,
Je serai votre fiancée,"
Disaient-elles toutes trois.

Mais le vieux sire sourd et fatigué,
Le sire aux quatre cornes sous les feuilles
Ne s'est point arrêté,
Et, c'est l'ogre de la forêt, je crois
C'est le jeune ogre rouge, gourmand et futé
Monseigneur l'écureuil
Qui les a croquées.

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Jeudi 21 août 4 21 /08 /Août 21:02
- Publié dans : Les poèmes que j'aime : souvenirs d'enfance

Francis JAMMES

J'aime l'âne si doux
marchant le long des houx.
Il a peur des abeilles
et bouge ses oreilles.
Il va près des fossés
d'un petit pas cassé.
Il réfléchit toujours
ses yeux sont de velours.
Il reste à l'étable
fatigué, misérable.
Il a tant travaillé
que ça vous fait pitié.
L'âne n'a pas eu d'orge
car le maître est trop pauvre.
Il a sucé la corde
puis a dormi dans l'ombre.
Il est l'âne si doux
marchant le long des houx....
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Jeudi 21 août 4 21 /08 /Août 20:59
- Publié dans : Les poèmes que j'aime : souvenirs d'enfance

Maurice CAREME


Prenez du soleil
Dans le creux des mains,
Un peu de soleil,
Et partez au loin.

Partez dans le vent,
Suivez votre rêve ;
Partez à l'instant,
La jeunesse est brève !

Il est des chemins
Inconnus des hommes.
Il est des chemins
Si aériens !

Ne regrettez pas
Ce que vous quittez.
Regardez, là-bas,
L'horizon briller.

Loin, toujours plus loin,
Partez en chantant.
Le monde appartient
A ceux qui n'ont rien.

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Profil

  • isa
  • au coeur de ma plume
  • Femme
  • 23/03/1973
  • JF, solitaire et réservée ... mais je me soigne. Stréssée de la vie mais là aussi je me soigne. Une vie heureuse.

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